Sport
Un appel urgent pour la reconstruction des infrastructures sportives à Mayotte
2025-04-04

Le passage du cyclone Chido a exacerbé les difficultés déjà existantes dans le domaine sportif à Mayotte. Plusieurs clubs et associations se trouvent aujourd’hui confrontés à un manque criant d’infrastructures adéquates. Parmi eux, l'ASC Kawéni, sacrée championne de football cette saison sans même célébrer sa victoire sur le terrain. Le 22 janvier, la ligue mahoraise a décidé d’interrompre prématurément la saison en raison des dégâts causés par le cyclone. Trois mois plus tard, les joueurs continuent de faire face aux conséquences de cette catastrophe naturelle. "Nous devons jouer une finale alors que nous n’avons aucun endroit pour s’entraîner", déplore Madi Mze, président de l’ASC Kawéni. Les terrains habituels sont soit inutilisables, soit en rénovation, ce qui complique grandement la préparation des compétitions.

Les autres disciplines ne sont pas épargnées non plus. Dans le monde du basket, Hakim Ali Abdou, président de la ligue régionale, décrit une situation critique : "Seulement 30% des installations sont opérationnelles." Pour maintenir l’activité sportive malgré tout, des solutions temporaires ont été mises en place, comme des mini-championnats regroupant plusieurs équipes par secteur. Toutefois, ces ajustements restent insuffisants pour répondre aux besoins réels des athlètes. En outre, les financements nécessaires à la réhabilitation des équipements demeurent limités, accentuant ainsi l’inquiétude des présidents de ligues quant au silence des autorités administratives. Une rencontre avec la ministre des Sports est envisagée afin d’examiner des pistes potentielles, notamment via la création d’une fondation dédiée au sport mahorais.

Au-delà des infrastructures physiques, c’est également la pérennité des pratiquants qui est menacée. Avec près de la moitié des licenciés perdus dans certaines disciplines, tel le tennis ou les sports de combat, la crainte de voir s’éroder toute une génération d’athlètes plane sur l’île. L’exemple du kick-boxing illustre parfaitement cette problématique : "Nos jeunes encadrants diplômés forment une véritable ressource pour lutter contre la délinquance", explique M’bayé Bakar Ahamada, président de la ligue locale. Malgré les défis financiers et matériels, ces communautés persévèrent grâce à leur engagement et leur créativité, organisant même des entraînements sur le sable ou dans des lieux alternatifs. Cet esprit résilient montre combien le sport peut être un vecteur essentiel de cohésion sociale et d’espoir pour l’avenir.

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