Les v\u00e9hicules hybrides rechargeables (VHR) sont fr\u00e9quemment pr\u00e9sent\u00e9s comme la parfaite symbiose entre performance environnementale et r\u00e9duction des co\u00fbts d'exploitation. Cependant, pour que ces promesses se mat\u00e9rialisent, une condition est imp\u00e9rative : une recharge assidue de leur batterie. L'absence de cette pratique transforme le VHR en un v\u00e9hicule dont la consommation de carburant et les \u00e9missions de CO2 peuvent d\u00e9passer celles des automobiles conventionnelles. L'adoption de comportements de recharge ad\u00e9quats par les conducteurs est donc cruciale pour maximiser les b\u00e9n\u00e9fices environnementaux et \u00e9conomiques de ces technologies.
L'acquisition d'un v\u00e9hicule hybride rechargeable est g\u00e9n\u00e9ralement motiv\u00e9e par la perspective de r\u00e9duire la consommation de carburant et les \u00e9missions polluantes, gr\u00e2ce \u00e0 l'apport du moteur \u00e9lectrique. Cette th\u00e9orie s\u00e9duisante est toutefois mise \u00e0 l'\u00e9preuve par la r\u00e9alit\u00e9. Une \u00e9tude de l'Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU) r\u00e9v\u00e8le que les avantages escompt\u00e9s des VHR ne sont pas toujours au rendez-vous. La raison principale n'est pas une surconsommation inh\u00e9rente au v\u00e9hicule, mais plut\u00f4t la n\u00e9gligence de la recharge. Un VHR, avec sa batterie pleinement charg\u00e9e, peut parcourir plus de 50 km en mode enti\u00e8rement \u00e9lectrique. Or, de nombreux conducteurs omettent de brancher leur v\u00e9hicule, pr\u00e9f\u00e9rant solliciter le moteur thermique, annulant ainsi les b\u00e9n\u00e9fices potentiels.
Colin Walker, sp\u00e9cialiste des transports \u00e0 l'ECIU, alerte sur le fait que les VHR \u00e9mettent jusqu'\u00e0 350 % de CO2 de plus que les valeurs avanc\u00e9es par les fabricants, et que les \u00e9conomies de carburant sont souvent surestim\u00e9es. L'\u00e9tude chiffre le co\u00fbt annuel de carburant pour un VHR \u00e0 environ 1059 \u00a3, soit presque le double des 560 \u00a3 pr\u00e9vues. En comparaison, un v\u00e9hicule \u00e0 essence co\u00fbte environ 1652 \u00a3 par an, tandis que les v\u00e9hicules \u00e9lectriques, avec un co\u00fbt estim\u00e9 \u00e0 seulement 388 \u00a3 (sous r\u00e9serve de recharge \u00e0 domicile), s'av\u00e8rent \u00eatre l'option la plus avantageuse. Ces donn\u00e9es soulignent l'imp\u00e9ratif de recharger r\u00e9guli\u00e8rement son v\u00e9hicule et de ne pas se fier exclusivement au moteur thermique. Les hybrides rechargeables peuvent constituer une \u00e9tape pertinente vers une mobilit\u00e9 plus \u00e9cologique, mais leur efficacit\u00e9 d\u00e9pend enti\u00e8rement d'une utilisation optimale de leur technologie, impliquant une recharge fr\u00e9quente et une gestion \u00e9quilibr\u00e9e des deux types de motorisation pour concr\u00e9tiser les r\u00e9ductions d'\u00e9missions et les \u00e9conomies pr\u00e9vues