Ford traverse une période financière complexe, marquée par une dualité entre des performances commerciales robustes et des défis économiques de taille. Tandis que les ventes de ses véhicules utilitaires et de loisirs atteignent des sommets historiques, l'entreprise est parallèlement minée par l'impact des politiques douanières américaines. Cette situation inattendue met en lumière la fragilité de l'équilibre financier d'un géant de l'automobile, contraint de naviguer entre l'optimisation des coûts et la poursuite de sa stratégie d'innovation, notamment dans le domaine des véhicules électriques. Le parcours de Ford en cette période illustre la complexité du marché automobile mondial, où les facteurs géopolitiques peuvent rapidement transformer un succès commercial en un casse-tête financier, exigeant une réactivité et une adaptation constantes de la part des constructeurs.
La marque à l'Ovale bleu doit composer avec des vents contraires, et bien que ses revenus globaux soient impressionnants, l'ombre des tarifs douaniers assombrit ses perspectives de rentabilité. Cette conjoncture singulière force Ford à redéfinir ses objectifs à court terme, tout en consolidant ses investissements à long terme dans les technologies d'avenir. Le constructeur est ainsi engagé dans une course contre la montre pour intégrer les coûts supplémentaires tout en maintenant son cap vers un avenir plus électrifié, démontrant sa résilience face à l'incertitude économique et politique.
Malgré un chiffre d'affaires sans précédent, Ford est confronté à des pertes financières considérables, estimées à 2 milliards de dollars, principalement attribuables aux droits de douane imposés par l'administration Trump. Ces surcoûts, notamment sur l'acier et l'aluminium, ont déjà coûté 800 millions de dollars à l'entreprise et menacent ses marges, l'obligeant à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfices pour l'année. Cette situation, partagée par d'autres constructeurs comme General Motors, souligne la vulnérabilité de l'industrie automobile aux fluctuations politiques et commerciales, transformant les succès commerciaux en défis financiers.
La période récente a vu Ford atteindre un chiffre d'affaires historique de 50,2 milliards de dollars, preuve de la forte demande pour ses modèles phares, notamment les pick-up et les SUV. Cependant, cette performance est obscurcie par une perte nette de 36 millions de dollars au deuxième trimestre. Ce déficit s'explique par des charges exceptionnelles, incluant une importante campagne de service et l'abandon d'un programme de véhicule électrique. Mais c'est surtout l'escalade des coûts liés aux tarifs douaniers qui pèse sur les finances de l'entreprise. En conséquence, Ford a ajusté ses prévisions de bénéfices avant impôts, les ramenant entre 6,5 et 7,5 milliards de dollars, contre une fourchette initiale de 7 à 8,5 milliards. Ce revirement est également influencé par les tensions persistantes sur les chaînes d'approvisionnement et l'évolution de la demande mondiale, des facteurs qui complexifient davantage l'environnement opérationnel du constructeur. La direction financière de Ford, bien que consciente des défis, exprime sa confiance dans la capacité de l'entreprise à se transformer pour une croissance durable.
En dépit des pressions financières, Ford peut s'appuyer sur la solide performance de ses gammes de pick-up et de SUV, qui enregistrent des ventes record. Le constructeur capitalise également sur sa stratégie d'électrification, avec une part croissante de véhicules électriques dans ses ventes. L'annonce prochaine de nouveaux modèles électriques "révolutionnaires" témoigne de l'engagement de Ford à transformer ces défis en opportunités, en se positionnant à l'avant-garde de l'innovation technologique et environnementale. Cette approche vise à compenser les coûts des politiques commerciales par une montée en gamme et une adaptation aux exigences du marché moderne.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les gammes de pick-up de Ford affichent leur meilleure performance depuis deux décennies, et le Ford Bronco bat des records de ventes, soulignant la force de la marque sur le segment des véhicules utilitaires et de loisirs. Les SUV Expedition et Navigator, récemment restylés, connaissent un succès notable sur le marché américain, tandis que le Ranger hybride rechargeable est bien accueilli en Europe. Cette dynamique positive a permis à Ford d'augmenter sa part de marché aux États-Unis de 1,7 point, pour atteindre 14,2 %, grâce à une demande soutenue pour des véhicules de plus grande taille et, de plus en plus, électrifiés. Les véhicules électrifiés représentent désormais près de 14 % des ventes de Ford aux États-Unis, marquant une transition significative. L'entreprise prépare d'ailleurs une annonce majeure pour le 11 août, promettant de dévoiler des véhicules électriques "révolutionnaires", conçus et produits sur le sol américain. Cette feuille de route ambitieuse vise à renforcer la compétitivité de Ford, à stimuler sa rentabilité et à bâtir un avenir durable, en dépit des obstacles actuels liés aux politiques commerciales.