L'écosystème automobile allemand est plongé dans une période de défis sans précédent. Plusieurs facteurs complexes contribuent à fragiliser les constructeurs, y compris les marques emblématiques qui sont habituellement des symboles de stabilité et de prospérité. La situation actuelle révèle une vulnérabilité inattendue face aux pressions extérieures et aux mutations du marché global.
Les rapports financiers du deuxième trimestre 2025 ont sonné l'alarme pour les constructeurs allemands de premier plan. Mercedes-Benz a enregistré une chute de 69 % de ses bénéfices par rapport à la même période en 2024, tandis que Porsche a connu une dégringolade encore plus spectaculaire de 91 %. Ces baisses s'expliquent par une contraction marquée du marché chinois, l'instauration de nouvelles barrières douanières aux États-Unis, et une évolution plus lente que prévue du secteur des véhicules électriques. Le modèle économique allemand, fortement axé sur l'exportation, se trouve particulièrement exposé aux tensions géopolitiques mondiales, comme en témoigne la hausse des droits de douane. Fait révélateur de la conjoncture, un constructeur comme Skoda, positionné sur le marché européen, a généré des profits supérieurs à ceux de Porsche, indiquant une meilleure résilience du segment de gamme moyenne face à ces défis.
Face à ces résultats décevants, Mercedes-Benz a dû réviser à la baisse ses prévisions de marge d'exploitation pour 2025, passant de 6-8 % à 4-6 %. Cette adaptation est une réponse directe aux nouveaux droits de douane américains et à la chute de 19 % du volume de production en Chine. De plus, des coûts exceptionnels, comme ceux liés à une restructuration en Argentine évaluée à 750 millions d'euros, ont pesé lourdement sur les comptes. Le PDG de Mercedes, Ola Källenius, estime l'impact total de ces facteurs à 362 millions d'euros. Cette période difficile touche principalement les fabricants de voitures de luxe en Europe, avec Lamborghini se distinguant comme une exception, maintenant un revenu net stable de 1,62 milliard d'euros pour le semestre, similaire à l'année précédente. L'avenir de l'industrie automobile reste incertain, et la capacité des constructeurs à s'adapter à ces nouvelles réalités déterminera leur survie et leur succès à long terme.