L'essor de la mobilité électrique dépend intrinsèquement de la fluidité et de l'accessibilité du marché des véhicules d'occasion. Tandis que les ventes de voitures électriques neuves sont souvent freinées par des prix élevés, le segment de l'occasion semble offrir des opportunités. Des analyses récentes révèlent une tendance à la baisse des prix sur ce marché, rendant ces automobiles plus abordables. Cependant, cette évolution s'accompagne d'un allongement des délais de revente, notamment en comparaison avec les véhicules traditionnels ou hybrides. Cette dynamique est influencée par divers facteurs, parmi lesquels l'afflux de véhicules provenant de contrats de leasing arrivant à leur terme. Malgré ces défis, des signes d'amélioration sont déjà perceptibles pour l'année en cours, suggérant une adaptation progressive du marché.
Le prix et les délais de revente constituent des piliers fondamentaux pour la confiance des consommateurs et la durabilité du marché des voitures électriques d'occasion. La perception du coût reste un obstacle majeur pour une majorité de Français, qui expriment des préoccupations concernant la valeur résiduelle, la durée de vie des batteries et l'autonomie des véhicules. Ces interrogations persistent malgré la diminution des prix moyens. Par ailleurs, la problématique des délais de revente, bien que s'améliorant, souligne un déséquilibre entre l'offre et la demande, exacerbé par la concentration des retours de véhicules issus de contrats de location à long terme. La compréhension de ces mécanismes est essentielle pour anticiper les futures évolutions et soutenir une transition énergétique automobile efficace.
Le marché des voitures électriques d'occasion est un levier essentiel pour démocratiser la mobilité zéro émission. Il permet à un public plus large d'accéder à cette technologie, qui est perçue comme la solution d'avenir pour la réduction des émissions de carbone. L'acquisition d'un véhicule électrique, qu'il soit neuf ou d'occasion, procure de multiples avantages, notamment des coûts de recharge réduits. Cependant, le principal frein à son adoption massive demeure le coût initial. Bien que les modèles neufs soient souvent hors de portée pour de nombreux foyers, le marché de l'occasion montre des signes encourageants, avec une diminution notable des prix.
Les données récentes de La Centrale confirment une baisse significative des prix des véhicules électriques d'occasion, atteignant en moyenne 3 000 euros sur la dernière année. En conséquence, le prix moyen d'une voiture électrique d'occasion est désormais inférieur à 20 000 euros. Malgré cette réduction, une majorité de Français (58 %) considère ce tarif toujours excessif. Cette réticence s'explique en partie par des inquiétudes persistantes concernant la durée de vie et la capacité des batteries, ainsi que l'autonomie réelle des véhicules. Ces préoccupations soulignent un besoin d'information et de rassurance des consommateurs pour stimuler davantage la demande sur ce segment du marché.
Le délai nécessaire pour revendre une voiture électrique d'occasion est un indicateur crucial de la santé du marché secondaire. Selon une étude de l'Avere-France, basée sur les bilans des professionnels de l'automobile, le temps moyen de revente d'un véhicule électrique d'occasion en 2024 était d'environ 5 mois, soit 146 jours. Cette durée contraste fortement avec celle des véhicules thermiques d'occasion, qui se revendent en moyenne en 96 jours, et des véhicules hybrides, en 104 jours. Cette disparité met en évidence des spécificités propres au marché des véhicules électriques.
Plusieurs facteurs contribuent à ces délais de revente prolongés. La cause principale identifiée est l'arrivée massive à échéance des contrats de leasing. De nombreux utilisateurs ont opté pour des contrats de location à long terme entre 2020 et 2021, ce qui entraîne un volume important de retours de véhicules sur le marché de l'occasion en une période restreinte. Cet afflux a saturé la demande, allongeant ainsi le temps nécessaire pour écouler l'excédent de l'offre. Néanmoins, des signes positifs sont apparus au premier trimestre 2025, avec une réduction du délai moyen de revente à 134 jours, marquant un gain de deux semaines et suggérant une résorption progressive de ce déséquilibre.