Le constructeur automobile japonais Nissan a récemment révélé des chiffres inquiétants pour le premier trimestre de son exercice 2025-2026. L'entreprise a enregistré une perte nette s'élevant à 680 millions d'euros, un revers significatif qui n'avait pas été observé depuis 2020. Plusieurs facteurs ont contribué à cette dégradation, notamment une diminution généralisée des ventes, une augmentation des coûts de production, et des droits de douane américains plus élevés.
Entre avril et juin, le chiffre d'affaires de Nissan a diminué de 10 %, atteignant environ 15,8 milliards d'euros. Les marchés clés tels que l'Amérique du Nord ont connu une baisse de 13 %, tandis que la Chine, un marché pourtant essentiel, a vu ses ventes chuter de près de 28 %. Le Japon lui-même n'a pas été épargné par cette tendance à la baisse. Face à cette situation, Nissan a annoncé une perte d'exploitation de 462 millions d'euros, bien que ce chiffre soit légèrement supérieur aux prévisions initiales. En réponse, la direction de Nissan a décidé d'accélérer un plan de restructuration ambitieux. Ce plan vise à réduire les coûts fixes de l'entreprise et à rétablir une rentabilité durable. Parmi les mesures phares, on compte la fermeture de sept usines, dont celle de Civac au Mexique, prévue pour mars 2026. Deux autres sites au Japon, Oppama et Shonan, cesseront leurs activités de production d'ici 2028. À terme, la capacité de production annuelle de Nissan sera réduite de 3,5 millions à 2,5 millions de véhicules, et 7 de ses 17 usines mondiales seront fermées. Cette cure d'austérité s'accompagne également d'un vaste plan social, avec la suppression prévue de 20 000 postes à l'échelle mondiale d'ici fin 2027. Pour Ivan Espinosa, le PDG récemment nommé, il est impératif d'agir rapidement et de manière décisive pour transformer l'entreprise.
Les difficultés rencontrées par Nissan ont des répercussions directes sur les résultats de Renault, qui conserve une participation substantielle dans le constructeur japonais. Le groupe français a d'ores et déjà annoncé que la performance médiocre de Nissan se traduirait par un impact négatif de 127 millions d'euros sur ses propres comptes du deuxième trimestre. Cette nouvelle survient juste avant la publication des résultats financiers de Renault, ajoutant une pression supplémentaire sur le groupe français. Nissan est également confronté à un environnement géopolitique défavorable, notamment la réinstauration par les États-Unis de droits de douane de 25 % sur les voitures japonaises depuis avril. Ces surcoûts pèsent lourdement sur les exportations de Nissan, en particulier vers le marché américain. Bien qu'un accord récent entre Washington et Tokyo prévoie une réduction progressive à 15 %, les dommages sont déjà considérables. Malgré ces défis, Nissan maintient ses objectifs de chiffre d'affaires annuel, estimés à 73 milliards d'euros. Cependant, le groupe refuse pour l'instant de fournir des prévisions de bénéfice, citant l'incertitude persistante de l'environnement économique.
Après l'échec d'une tentative de rapprochement avec Honda et une année 2024-2025 marquée par une perte record de 4,1 milliards d'euros, Nissan se trouve à un carrefour critique. La stratégie de l'entreprise repose désormais sur un recentrage industriel, une rationalisation de sa gamme de produits, et une accéléération significative de son développement sur le marché des véhicules électriques. Face à une concurrence chinoise de plus en plus dominante dans ce segment, cette transition vers l'électrification est cruciale pour la survie et la croissance future de Nissan.