Le groupe automobile Stellantis a récemment révélé des résultats financiers préoccupants pour le premier semestre de l'année 2025, enregistrant une perte nette considérable de 2,3 milliards d'euros. Cette contre-performance contraste fortement avec le bénéfice de 5,6 milliards d'euros enregistré à la même période l'année précédente, soulignant l'ampleur du défi économique auquel l'entreprise est confrontée. Le début de cette année restera gravé comme l'un des semestres les plus difficiles de l'histoire récente de Stellantis, nécessitant une réévaluation approfondie de ses stratégies.
Plusieurs éléments ont contribué à cette chute spectaculaire des revenus. Les nouvelles taxes douanières imposées par les États-Unis jouent un rôle prépondérant, avec des prévisions de coûts supplémentaires s'élevant à 1,7 milliard de dollars pour Stellantis cette année, dont une part significative dès le second semestre. L'augmentation du coût des composants importés pèse lourdement sur la rentabilité du groupe, qui doit également composer avec des chaînes d'approvisionnement mondiales fragiles et un climat géopolitique tendu, marqué par le renforcement des politiques commerciales américaines. Ce contexte défavorable s'ajoute aux défis internes, notamment un changement de leadership avec la nomination d'Antonio Filosa en tant que nouveau directeur général.
Face à ces difficultés, Stellantis mise sur une offensive produit agressive pour relancer ses activités. Le groupe prévoit le lancement de dix nouveaux véhicules en 2025, avec une accélération significative dès l'automne. Parmi les nouveautés phares, trois modèles seront basés sur la plateforme STLA Medium, incluant une version restylée du Jeep Compass, un nouveau Citroën C5 Aircross et le lancement inédit de la DS N°8, marquant ainsi une incursion plus poussée dans le segment haut de gamme. Ces initiatives visent à reconquérir des parts de marché, notamment en Europe, face à une concurrence croissante des constructeurs asiatiques.
Malgré l'ampleur des pertes, Antonio Filosa exprime un optimisme mesuré quant à un second semestre plus favorable, anticipant un retour progressif à la rentabilité et une amélioration des flux de trésorerie. Il insiste sur la nécessité de s'appuyer sur les atouts technologiques et humains du groupe pour surmonter les faiblesses actuelles. Cependant, le véritable test pour Stellantis résidera dans sa capacité à restaurer la confiance à long terme. La dépendance aux marchés internationaux volatils, la lenteur de l'électrification de certaines marques et la guerre commerciale avec les États-Unis représentent des obstacles persistants. L'arrivée de modèles entièrement électriques basés sur de nouvelles plateformes en 2026, ainsi qu'une stratégie renforcée sur les marchés asiatiques et américains, seront déterminantes pour l'avenir du groupe. Le succès de ces plans de relance et le temps nécessaire à leur concrétisation sont des questions cruciales pour l'entreprise.